La page du cochon !
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Lagos (Portugal) - Gibraltar - Torrevieja (Espagne)

Les quarts de la première nuit seront donc, par heure:

bulletPhilippe - Boolnet
bulletPhilippe - Boolnet
bulletPhilippe - France
bulletMichael - France
bulletMichael - André
bulletMichael - André
bulletYves - Barbara
bulletYves - Barbara
bulletYves - Boolnet

La première nuit est calme, principalement passée sous le ronronnement des moteurs (et, en prime, des ronflements de France pour Boolnet !).  Quand Barbara et moi prenons notre quart, le vent monte ! Nous en profitons pour mettre la voile. C'est le premier contact entre Barbara et les winchs de ce bateau ! Sale bête vous dira-t-elle ! Surtout que sur un mât de 18 mètres, les drisses sont longues... longues...

Nous mettons ensuite le solent puis, le vent faiblissant, nous installons le gennaker. Malheureusement, un peu plus tard, le vent retombe, et les moteurs vrombissent à nouveau ! Putréfaction ! Nous passons encore un majeure partie de la journée au moteur !

Le soir, nous constatons avec plaisir une faible reprise du vent. Nous mettons le gennaker à poste ! Puis le spi asymétrique (plus grand) bientôt lui-même remplacé par le spi symétrique, énorme ! Nous avançons bien !

A un moment, un petit oiseau (un pouillot) vient se réfugier à bord... Que fait-il si loin des côtes ? Mystère ! En tout cas, il ne se pose pas de question et se perche par-ci, par-là, cherchant manifestement à se reposer. Il entre même dans la cabine. Plusieurs photos de ce passager clandestin (mais charmant) sont prises ! Finalement, il s'installe près d'une pile de CD, dans un enchevêtrement de fils électriques (typique des oiseaux de buissons), tourne la tête et s'endort, indifférent à nos activités, pourtant parfois bruyantes... Nous le baptisons Dieudonné !

Repas du soir à base de Herbert composé par France, chef coq de remplacement, qui ne se débrouille pas mal du tout ! La vie est belle à bord !

Durant la nuit, le vent monte, et le spi est remplacé par le solent ! Prudence oblige ! Les quarts seront les mêmes que ceux de la nuit précédente. Nous longeons la côte, dont nous voyons les lumières blafardes au loin ! Dieudonné dort toujours imperturbablement, ce qui est quand même bizarre (dormir autant) pour un oiseau de cette taille (relativement petit) ! Quand je reprends mon quart avec Barbara, Dieudonné est mort ! Snif snif ! Je le prends en main, il est extraordinairement léger ! Pas étonnant qu'il sache voler ! Il terminera sa carrière recyclé, nourrissant les poissons !

Sur ces entrefaites, nous nous approchons du fameux détroit de Gibraltar ! Il s'agit d'ouvrir l'oeil, vu la fréquence des cargos ! Alors que le jour se lève (vers 5h00), un aileron sombre passe à côté du bateau: un requin. Nous n'avons pas vu la bestiole en entier, mais rien que l'aileron n'engage pas à la conversation...

Le vent tombe, nous installons le gennaker. La vitesse est respectable: environ 8 noeuds. La luminosité augmentant, je demande à Philippe s'il est possible de mettre les voiles en ciseau. S'ensuit à peu près une heure de bonheur intégral à la barre, voiles en ciseau (gennaker et G.V.), avec des pointes à 11 noeuds dans les surfs ! Très impressionnant !!! Et splendide en plus ! La vague d'étrave laisse bien présager de notre vitesse !!!

Après un moment, le vent monte toujours. A ce moment, nous sommes trois sur le pont: Barbara, Philippe et moi ! Nous commençons par empanner, puis nous prenons un ris histoire de diminuer un peu la voilure ! Certains des autres se réveillent (France, Boolnet, André)... Nous enroulons (mal) le gennaker, et remettons le solent, vu que le vent monte (pointes à 25 noeuds). Durant la prise de ris, un premier problème surgit: elle nous lâche tout à coup. Qu'à cela ne tienne, je la remet en place ! Sale bête !

Nous avançons donc un peu sous solent et G.V., avec un ris. Mais le vent continue à monter. Les vagues se creusent, et commencent à déferler... Il est temps de prendre un deuxième ris ! Problème: le vent est tellement fort qu'il n'y a plus moyen de remonter la voile, une fois le deuxième ris pris ! Aie aie aie ! En plus, à ce moment, le gennaker décide de se redérouler partiellement ! Il se met à battre furieusement et menace de se déchirer ! On l'affale en catastrophe ! Là, il y a déjà plus de monde sur le pont ! En fait, tout le monde est là, sauf Barbara qui dort comme un bébé ! Philippe se précipite à l'avant. France, Boolnet et André sont dans le cockpit. Michael sort de la cabine en catastrophe et plonge (style 'Starky et Hutch') pour aider Philippe. Seulement il manque de perdre ses lunettes ! C'est du propre...

Le vent est maintenant à 35 noeuds, cela commence à être plus sérieux ! La voile est finalement affalée non sans s'être partiellement déchirée (plus tard, on découvrira que seul le nerfs de chute est partiellement sorti de sa gaine, rien de grave) ! On affale entièrement la grand voile aussi. Sous solent seul, nous marchons à 8 noeuds ! Sympa. C'est ce moment qu'ont choisi un banc de dauphins pour venir nous dire bonjour. Tout le monde profite de ce spectacle féerique. Boolnet essaie de prendre des photos. Barbara lâche des 'ooooh' et des 'aaaah' émerveillés ! André crie pour essayer de les faire sauter hors de l'eau, ce qu'ils font de bonne grâce, il faut le dire (aidés, il est vrai, par de fortes vagues !). Je prends ma caméra, qui commence à me jouer des tours, soit dit en passant !

Ce sont des 'Tursiops Truncatus', des grands dauphins, qui nous accompagnent pendant près d'une heure, durant laquelle nous surfons sur de grandes vagues, parfois déferlantes. Encore de bons petits effets à la barre ! Super. Le ciel est bleu. Nous avons un contact GSM, et j'en profite pour essayer (en vain) de passer un coup de fil à mon père... C'est beau la technologie ! Petit à petit, les vagues se calment, les dauphins partent... et l'activité retombe ! Tout le monde se repose, on mange, je tape quelques lignes sur mon PC, on pèche (en vain)...

Le soir, Michael a l'idée d'un concours photos ! Chaque participant m'enverra trois photos du voyage, et nous passerons aux votes pour savoir quelles seront les plus belles. Une nuit calme, durant laquelle Philippe met le spi. Le matin, le vent tombe. Le spi est affalé, et les moteurs tournent à nouveau... Les cargos sont un peu partout. La mer est plate ! Tout est très très calme. Michael fait des crêpes ! Ce convoyage se transforme en croisière gastronomique ! Sauf pour France, un peu blanc, qui souffre légèrement du tristement célèbre mal de mer !

Le  matin, des dauphins viennent encore nous dire bonjour  ! Je filme un peu ! La mer est plate, l'eau est chaude (18 degrés), il n'y a pas de vent... c'est le moment ! J'enfile mon maillot, je mets mes palmes et mon masque et hop ! A l'eau ! S'ensuit 15 minutes incroyables, durant lesquelles je me laisse traîner par le bateau, entouré de ces charmants petits cétacés. J'entends distinctement leurs cris, sifflements et cliquettements. Les dauphins nagent sous le bateau. Ils me regardent pendant que je les observe ! J'essaie quelques photos ! André essaie aussi, puis Boolnet ! C'est un moment très fort ! J'espère bien, avec ces photos, figurer en bonne place dans le concours  ! Pourvu qu'elles soient réussies !

Un peu plus tard, nous profitons de l'absence totale de vent pour hisser le gennaker, l'examiner pour découvrir les déchirures, le ré-enrouler convenablement, et le ranger correctement dans la soute à voile. Nous profitons aussi de cette accalmie pour aller barboter encore un petit peu: André, Boolnet et moi sautons à la mer ! C'est tellement bon et tellement rafraîchissant ! Un peu de plancton... en fait, des tas de choses à observer ! La Méditerranée est une vraie poubelle, des déchets flottent un peu partout ! C'est écologiquement décourageant !

Les quarts ont été un peu changés: Boolnet et France ont échangé leurs quarts, ainsi que Michael et moi !

Nous passons toute la nuit au moteur, dans une zone de calme plat ! A un moment, au milieu de la nuit, Philippe, de quart avant moi, vient me réveiller. Je monte sur le pont, pour découvrir que le bateau navigue dans un océan... de méduses ! Il y en a environ 5 par mètre carré. C'est dingue ! On peut observer leurs formes pâles à la lueur de la lampe de plongée... Ce sont des méduses avec une grande corolle, style triangle sur son plus long côté, et de très longs filaments (souvent plusieurs mètres en dessous). Après quelques observations, je remonte me coucher. Quand je reprends mon quart, il y en a toujours. Quand je quitterai mon quart (trois heures plus tard), il y en aura toujours. Je n'ose même pas essayer de savoir combien on en aura croisé...

Le matin voit enfin arriver un peu de vent (10 noeuds). Mais, à notre grand désespoir, il est pile poil dans le mauvais sens ! Juste dans l'axe de notre route et contre nous ! Nous sommes maudits par Eole...

Le matin, alors que nous avançons lentement, un troupeau de globicéphales noirs (Globicephala Melas) croise notre route. Sombres, lourds, ils avancent lentement sans s'occuper le moins du monde du bateau. Dommage, j'aimerais bien pouvoir les observer un peu plus longtemps !

Nous avions initialement prévu d'aller en route directe jusqu'à Ibiza. Cependant, nous avons rapidement conclu que nous n'y arriverions pas dans les temps prévus. Nous décidons donc de changer un peu le programme. Nous allons faire une 'escale technique' à Torrevieja, juste au Nord de l'endroit où nous nous trouvons ! De là, nous irons à Ibiza et à Majorque !