La page du cochon !
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Minorque

Nous nous sommes donc réveillé au pied de l'imposante citadelle en pierre jaune - orange. Le matin, nous avons été nous balader et j'en ai profité pour faire quelques photos ! La vieille ville est assez sympa, très touristique, avec de petites rues tortueuses et des églises monumentales cachées dans tous les coins ! Sur certaines maisons, on peut également trouver quelques splendides portes en bois, parfois munies de heurtoirs dorés !

Nous essayons de faire quelques courses mais, pas de chance, aujourd'hui, c'est lundi de Pentecôte, et tous les magasins sont fermés (sauf ceux pour les touristes, ce qui nous attire peu !)... Tant pis, nous décidons, après avoir mangé sur le port, de partir vers Mahon, histoire de bouger un peu !

La côte est à peu près partout escarpée, avec des rochers grisâtres et coupants, tombants à pic dans la mer, sur des hauteurs de 2 à 10 mètres. Très peu de plages, les rares existantes étant prises d'assaut par les gens avides d'un bronzage parfait !

Alors que nous sommes entre Ciudadela (capitale historique) et Mahon (capitale administrative), nous décidons de faire une petite pause dans une crique. Philippe choisit la 'Cala son Saura'. Quand nous arrivons, il y a déjà quelques bateaux, mais pas trop.

Une grande plage de sable beige nous attends au bout d'une mer turquoise. Un bateau à fond de verre, chargé de touristes, est amarré. C'est clair, c'est là qu'il faut aller faire du snorkeling ! Sitôt dit, sitôt fait: nous mouillons l'ancre sur un fond de sable, nous mettons l'annexe à la mer et cap sur la plage ! Nous accostons sans encombre. Le soleil tape dur.

Je me mets rapidement à l'eau, pour découvrir un fond rocheux, avec une visibilité moyenne ! Beaucoup de poissons, d'oursins et d'anémones par contre ! Même une timide murène cornue ! Nous restons là quelques heures. Je vais faire une petite balade sur les rochers avec Michael.

Nous pêchons  quelques oursins. Philippe nous explique comment les ouvrir, et ce qu'il faut manger ! Il n'y a pas beaucoup à manger, mais c'est bon ! Avant de remonter sur le bateau, je fais un exercice intéressant: je plonge avec un petit récipient type pot gradué en plastique. Je fais d'abord trois voyages à 5 mètres de fond pour remonter du beau sable blanc que je ramènerai à Bousval !

Ensuite, je fais un exercice pour vérifier que nos amis Boyle et Mariotte (pv=nrt) ne se sont pas trompés. Comme la partie nrt est constante à l'endroit où je plonge (si on accepte deux ou trois degrés d'écart en la température de l'eau en surface et au fond), le rapport pression volume doit rester constant ! Comme la pression à 5 mètres est de 1,5 bars, le volume doit diminuer de deux tiers. Ce que je mesure de manière approximative avec mon pot gradué. Messieurs Boyle et Mariotte, j'ai une bonne nouvelle pour vous: vous ne vous êtes pas trompés !

Nous nous goinfrons sur le pont, Michael ayant encore joué au chef coq !!! Seule ombre au tableau: les moustiques attaquent ! Mais rien de grave. Nous  nous mettons en route le soir, pour partir vers Mahon. Quand nous y arrivons, il fait déjà nuit noire ! Après quelques recherches (la rade est grande mais très encombrée), nous nous amarrons à une bouée !

Le lendemain matin, nous ne sommes pas très surpris de voir un canot à moteur se diriger vers 'Sir Henri'. Alors que nous nous attendions à devoir payer, ils viennent, en fait... prendre les poubelles ! Dingue non !

Nous nous mettons en marche tôt, histoire de faire le plein de fuel et de vivres, vu que nous allons bientôt mettre le cap sur la France, direction La Grande Motte.

Alors que les courses et le fuel sont faits, nous repartons. J'ai à peine de le temps de dire à Philippe que je suis surpris de ne pas avoir eu à payer pour la bouée que nos deux copains éboueurs reviennent ! Ce coup-ci, ils veulent leur dîme ! Pas de chance, nous ne parlons que Français. Pas Espagnol ni Anglais... On fait semblant d'essayer de se faire comprendre (André est un champion à ce jeu)... Finalement, en leur disant qu'on est arrivé à 5h00 du matin, nous sommes dispensés de paiement ! Quel bonheur !

Nous repartons vers le Nord de l'île. Encore une fois, nous nous arrêtons dans une crique. Quelques bateaux, une mer turquoise ! J'enfile palmes et masque et saute à l'eau avant même que le bateau ne soit ancré ! Super fond avec un mélange d'algues, de sable blanc et de roches !  Je nage vers les rochers. L'eau est beaucoup plus froide ici que de l'autre côté ! Beaucoup de petits poissons. J'atteins la plage, quelques couple qui bronzent. Puis deux petits bateaux à moteurs arrivent, des Allemands débarquent avec des tonnes de gosses, adieu le calme.

Je retourne  manger sur le bateau en nageant. Tiens, ici il y a des étoiles de mer en plus ! Juste après le repas, on se met en tête de pêcher avec les restes. André sort un beau petit poisson (style dorade) en quelques secondes ! Superbe prise, mais ce sera la seule... Je retourne au bateau !

Nous décidons de bouger pour aller dans une autre crique, juste en face ! Là, même topo ! Saut à l'eau avant l'ancre... Ici, par contre, pas un poisson. Je vais faire une très chouette balade dans les rochers. Au milieu des arbres, je hume avec délice des parfums libérés par la végétation. Ce sent extraordinairement bon ! La plage est déserte, mis à part un couple d'explorateurs ! La roche, très découpée, présente un paysage lunaire, mais coupant pour les pieds.  Dans la même veine, marcher pieds nus est pénible, vu la température du sable. André pêche deux oursins.

Encore une fois, nous essayons une nouvelle crique, un peu plus loin. Sur les conseils de Philippe, je m'y rends à pied, alors que André, Michael et Philippe font le tour par la mer sur 'Sir Henri'.

Quand ils  mouillent l'ancre, je peux presque retourner au bateau en ayant pied ! Presque... Il me manque 15 cm... je nage donc sur deux mètres, pour retrouver le bateau. Nous restons un peu dans cette baie déserte... calme, chants d'oiseaux, grillons, mer bleue, bruits de vagues... que demande le peuple ?

A ce moment, mes Stéri-strips tombent touts seuls... Je les aurai gardé trois jours, comme prescrit par mon infirmière favorite ! Je vais voir dans la glace: tout va bien, pas de vilaine cicatrice en vue !

Nous  avons rangé un peu le bateau, pour mettre le cap sur notre dernière destination: La Grande Motte, en France ! Les meilleures choses ont une fin ! Dommage ! Ce qui est aussi très dommage, c'est que les autres (Barbara, France et Boolnet) n'ont pas pu profiter de ces superbes criques et paysages de Minorque ! Pas de chance, mais la leçon est simple: il n'y a pas  de vent en Méditerranée, tout se fait au moteur !