La page du cochon !

 

 

Dimanche 28 mars 1999.

On se lève tôt pour préparer nos sacs. Nous avons rendez-vous à 6 heures du matin, et nous attendons à la réception de l'hôtel. Vers 7h30, le bus qui doit nous embarquer vient nous prendre... Mieux vaut tard que jamais, mais dans ce pays, cela doit être considéré comme normal.

Nous roulons vers le parc. Normalement, l'entrée est payante, mais aujourd'hui, le préposé à la barrière n'avait pas envie de se lever ou il est parti chasser... Bref, il n'y a personne et c'est donc gratuit. La piste s'enfonce dans une forêt très très humide. Il y a une quantité de mares, de flaques, de lacs, de rivières, de ruisseaux, de marais...

Des multitudes d'insectes et de plantes en tout genres. En plus, quelques oiseaux furtivement entr'aperçus dans les branches pendant que la voiture roule...

Après environ 2 heures de route et de cahots, nous arrivons au village. Nous sommes immédiatement accueillis de manière très chaleureuses par des militaires qui veulent vérifier notre "surhat jalan". Ils sont sympas comme des portes de prison ! Ensuite, nous nous dirigeons vers le "guest house", où nous nous installons. Angelina, notre "guide", hyper amorphe, commence à nous préparer à manger. Ensuite, elle se met en quête d'un guide local, qu'elle finira par dénicher... C'est Stanislas... Grand, noir, mince, il ne dit pas grand-chose... Il ne parle que l'Indonésien, mais connaît manifestement bien la forêt et ses nombreux habitants...

Un type passe, en T-shirt, avec un arc à la main. Ils ont beau être "civilisés", on sent que la nature n'est pas loin...

Nous partons avec Stanislas pour faire une petite balade. On serpente sur un petit chemin qui s'enfonce dans la forêt... Bientôt, le chemin est inondé... Astrid annonce sans hésiter qu'elle est prête à continuer... Bon ben on va y aller alors... On a tout de suite de l'eau jusqu'aux genoux... Les chaussures sont évidement immédiatement inondées, noyées, submergées... et les guêtres que nous avons n'y changent rien ! Nous nous arrêtons de temps en temps pour prendre des photos de ce premier contact avec la nature irianaise, sous l'oeil amusé de Stanislas.

Après un moment, il s'arrête... Il nous annonce que l'eau, plus loin, monte jusqu'au dessus de la tête... Encore heureux que la saison des pluies est finie ! Nous quittons le chemin, barbotant toujours ! Coupant à travers tout (surtout à travers l'eau), nous rejoignons une petite bosse, où nous pouvons sortir nos pieds de l'eau !

Nous pouvons observer successivement et dans le désordre: des fleurs, des insectes, des fourmis, des grandes, des petites, de oranges, des noires, des rouges, des vertes, des araignées, des libellules, des champignons et ... un Wallabi. C'est une sorte de petit kangourou... Nous l'avons manifestement dérangé, car il jaillit des fourrés et part plein tube droit devant ! Nous ne l'avons qu'entre-apperçu... La rencontre est donc très brève et c'est dommage !

Nous continuons en disant à Stanislas que nous voulons retourner dans l'eau profonde, pour nager... Nous revenons là où nous avions quitté le chemin, et demandons à Stanislas d'attendre que nous revenions. Nous nous enfonçons dans l'eau, en longeant la zone plus profonde. Puis nous nous lançons à l'eau, après avoir accroché les appareils photos et ce qui ne peut pas être mouillé à des branches d'arbres... Pas facile de nager en pantalon, avec des guêtres et des chaussures de marche !

Astrid attaque les nénuphars pour en ramener une fleur ! A un moment, je m'arrête de nager, m'accroche à une branche pour écouter les bruits de la jungle, c'est magique ! Insectes, oiseaux, le vent dans les feuilles, atomique !

Retour vers Stanislas, qui nous attend gentiment en barbotant... On rentre au camp, bien trempés. Près du "guest house", il y a un puis, dans lequel on peut prendre de l'eau pour se laver... Cela fait du bien de se rincer un peu, mais j'évite de me laver trop longtemps, les moustiques attaquent ! Dur dur ! Angelina nous a préparé un repas, que nous mangeons avidement, tout en se battant contre les moustiques...

La nuit tombe, on s'installe pour la nuit. Les moustiques sont remplacés par des lucioles, des petits insectes qui émettent de la lumière dans la nuit. C'est magnifique de voir ces petites lumières qui se volettent. J'ai monté la tente dehors... Ma nuit sera bercée de cris d'oiseaux et de bruits d'insectes... Et de bruits d'orage... En effet, au milieu de la nuit, un orage éclate... Je meurs d'abord de chaud, puis de froid... Ma première nuit en jungle, c'est super !