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La régatte Skippers d'Islande, qui me permettra d'aller en Islande (et d'y plonger j'espère) débutera le 24 juin 2006 ! Départ de Paimpol. Arrivée... quelques jours (environ 8, si tout va bien) plus tard, à Reykjavik !
Si vous allez voir sur le site officiel de la course, je suis sur Xhosa, avec Maria comme skipper ! Il y aura problablement des nouvelles en ligne jour après jour ! Comme équipiers: Michael, Edouard, Serguey, Bernard et moi. Soit six au total, pour l'aller ! Au retour, d'autres équipiers prennent la relève ! J'abandonne lâchement donc Barbara et le petit Benjamin, mais je suis sûr qu'ils seront sages pendant mon absence ! La régate (Paimpol - Reykjavik)Nous sommes donc partis le samedi soir, départ de la course à 20 heures tapantes, bien que tout le monde aie été présent quelques jours plus tôt... Quand nous quittons la jetée, au milieu des autres concurrents, le spectacle est assez fort et, il faut bien le dire, très prenant. Pour sortir du port, tous les bateaux doivent emprunter un étroit chenal, dont les bords, surélevés, sont noirs de monde. Les gens applaudissent, jouent de la musique, c'est très très fort. Juste avant le départ, des tas de bateaux (petits et grands (dont Kritter VIII)) suivent les concurrents, voulant voir le départ de près ! Ce qui provoque d'ailleurs une petite pagaille ! Quoi qu'il en soit, le départ est donné sans encombre et tous les concurrents s'élancent, glonflés à bloc ! Dès le début, les 'class 40', plus grands et plus rapides, prennent le devant. Normal... A cette époque de l'année (plein été), les journées durent longtemps. Nous sommes donc tous sur le pont pendant un bon moment, regardant Paimpol (puis les côtes francaises) s'éloigner et essayant d'identifier les concurrents qui sont devant et derrière... La nuit tombe, les quarts commencent. La routine s'installe. Ne bénéficiant pas d'une électronique de pointe ni d'un routage météo, nous choisissons la route directe (la plus courte), alors que d'autres concurrents mettent résolument cap à l'Ouest... Mais rapidement, nous nous retrouvons seuls sur l'eau ! La nuit tombe... Cette fois, le doute n'est plus permis, nous sommes partis... Premier objectif: les Scilly, que nous devons laisser à tribord. Après environ 24 heures, nous sommes en vue des îles... Nous en profitons pour appeler nos familles, vu que nous avons tous plein de choses à raconter (déjà...). Mais pas question de s'arrêter... Nous nous éloignons aussi vite que possible (le vent n'est pas très fort) pour mettre le cap sur la pointe Sud-Ouest de l'Irlande... Mais le vent tombe... On met un peu le spi, puis il tourne, on affale, on le remet, on essaie de gagner mètre après mètre... Nous n'allons pas très vite... Et puis, tout à coup, un SMS nous arrive par l'Iridium (téléphone satellite). Nous apprenons que nous sommes cinquièmes ! Super ! Il semble qu'à ce moment, l'option 'route directe' soit bien payante ! A partir de là, nous recevrons régulièrement des SMS de Marie et de Jean-Denis, qui nous donneront des informations sur les positions de nos concurrents... Nous frôlons l'Irlande... Encore quelques coups de GSM par-ci par-là... Une fois la pointe passée...la pétole. Rien. Nada. Nix ! Plus de vent. Le bateau tourne en rond... aucune direction... rien... Au total, ce seront plus de 7 heures de calme plat. Dur pour les nerfs... Nous en profitons pour pêcher et observer ce que nous baptisons les 'Neptuniens', sorte de monstres tentaculaires et bizarroïdes, tenant à la fois de la pieuvre à 23 bras et de la moule accrochée à une balle de tennis ! Oui, messieurs-dames, c'est comme cela sur Neptune. Pas la peine d'envoyer des sondes intersidérales, on a tout ce qu'il faut en mer d'Irlande. Finalement, après un temps qui parait infini, le vent revient petit à petit... On remet les voiles... et c'est reparti. Cap au 340° (c'est à dire quasiment plein Nord)... Les miles succèdent aux miles... Le vent monte ! Nous aurons jusqu'à 35 noeuds de vent, ce qui est encore très raisonnable. Notre vitesse maximum, au meilleur de notre forme, sera de 13,1 noeuds... Ce qui est le nouveau record absolu de Xhosa ;-) Alors que nous devrions (dixit la météo) avoir du vent Nord-Ouest tournant Sud-Ouest, il restera résolument Nord, ce qui implique que nous ferons du près (allure inconfortable s'il en est) pendant un bon moment. Finalement, le vent tournera légèrement, et nous nous retrouverons au travers, voire au portant... Enfin le spi, sauf quand le vent sera trop fort. Les sensations dans les surfs sont très fortes, on a vraiment l'impression grisante de voler !!! Difficile à décrire, mais ceux qui l'ont déjà ressenti savent de quoi je parle. Après 8 jours, l'Islande apparaît... enfin ! Nous rêvons tous d'une bonne douche et d'un lit qui ne danse pas la samba... Nous doublons la pointe Sud de l'Islande, remontons un peu vers le Nord... Cap sur Reykjavik ! Finalement, nous passons la ligne d'arrivée... dans l'indiférence générale... quasiment personne comme comité d'accueil, rien à voir avec le départ de Paimpol ! Arrivée sans problème au ponton, où quelques autres marins de la régate nous recoivent... Puis douche, un petit tour en ville (plus moyen de trouver à manger, il est minuit passé) et dodo !!! Ouf ouf ouf ! Première mission accomplie ! La vie en mer !Au niveau des mammifères marins, nous aurons la chance de voir, en vrac et dans le désordre: des dauphins bleus et blancs, des globicéphales, peut-être des tursiops (pas formellement identifiés) , peut-être un rorqual, et surtout, la plus belle observation que j'ai faite jusqu'à présent: un cachalot. Serguey, à la barre, a même dû faire un écart pour l'éviter. Il est passé à deux mètres du bateau. Ce qui, pour un bestiau d'une vingtaine de tonnes et de 15 mètres de long, rend le bateau tout petit. Nous avons très bien vu sa tête carrée sortir de l'eau, les narines à l'avant de la tête, et le souffle vers l'avant ! Comme dans les livres quoi ! Encore un instant magique... En plus des mammifères, nous avons également vu, outre les Neptuniens (Lepas anatifera, alias "goose barnacle", après recherches, sorte de coquillage comestible sur pied), trois requins, un poisson lune, trois maquereaux pêchés... On ne peut pas dire que nous n'avons pas eu notre ration... Au niveau oiseaux, nous n'avons pas à nous plaindre non plus... L'Islande est très variée, ornithologiquement parlant. Nous avons vu, en vrac: Sterne arctique, Goéland argenté, Petit pingouin, Labbe parasite, Macareux moine, Mouette Trydactile, Eider à duvert, Grand cormoran, Guillemots (et j'en oublie sûrement quelques tonnes) ... Reykjavik.Les jours qui suivent se passeront essentiellement entre les bricolages
indispensables sur le bateau, le nettoyage, le rangement, la visite de
Reykjavik, quelques excursions par-ci par-là... Les gens repartent tous un peu
dans leur coin découvrir l'Islande sauvage et dure seuls ou en petits groupes. Les Islandais semblent également beaucoup aimer l'alcool, et les soulards déambulent en zigzaguant un peu partout... Au cours des visites, on découvre rapidement un pays assez austère, dominé
par les volcans, les éruptions, la lave et les activités géothermiques, qui
fournissent de l'eau chaude et de l'électricité quasiment gratuitement à tout le
monde ! Régate intermédiaire: Reykjavik - Gründarfjordur.Petit changement de bateau pour Bernard et moi... Cap sur Merena. Nous abandonnons lâchement Maria pour aller tâter un peu des fameux 'Class 40'... En effet c'est autre chose... Ces bateaux, taillés pour la course, sont nettement plus nerveux... Et nettement plus exigeants ! La 'petite' régate ne prendra 'que' une vingtaine d'heures, mais 20 heures sans dormir, avec 2 Islandais à bord qui, eux, dorment comme des bébés, c'est dur ! D'autant plus que ce sera clairement la nuit la plus froide de notre navigation... Gla gla gla ! A l'arrivée à Gründarfjordur, tous les bateaux se retrouvent quasiment en même temps dans la baie... La bataille fait rage, surtout qu'il n'y a ... pas de vent ! Tout le monde se retrouve donc à essayer les minuscules réglages... Ce qui ne sert à rien, vu que tout le monde arrive... à quelques minutes d'intervalle... La régate de retour.Pour des raisons de temps, je n'y ai pas participé. D'ailleurs, l'équipage a entièrement changé, à part Maria et Michael qui ont fait l'aller et le retour. Les nouveaux équipiers étaient donc Valentine et Pierre-Yves... Oui, ils ont fait le retour à 4 seulement. La situation était tout de suite beaucoup moins confortable pour eux... A quatre, on se fatigue plus vite qu'à six, c'est évident. Surtout qu'ils ont eu du gros temps et qu'ils ont dû abandonner, suite à de la casse de plus en plus importante. Triste fin pour cette partie de régate donc ! Les photos. |