Tahiti et Papeete, bon souvenir, mais cher !

Il s'agit encore une fois d'un voyage professionnel, mais la destination est
quand même relativement intéressante ! Tahiti, Polynésie
française, a longtemps été considérée comme un petit paradis mais récemment,
le tourisme envahissant a bouleversé les traditions et modes de vie locaux. Les
essais nucléaires français dans le Pacifique ont également secoué la
société polynésienne !
Le Tahitien, relativement différent du
Marquisien (qui contient plein de 'k', par opposition au Tahitien qui n'en
contient pas), ne comprend qu'environ 1500 mots ! L'écriture n'est basée que
sur quatorze lettres, 9 consonnes
et 5 voyelles, un des alphabets les plus simple du monde !
Le voyage est long... Bruxelles - Paris, Paris - Los Angeles, Los Angeles -
Papeete... Près de 21 (1 + 11,5 + 8) heures de vol... Sans compter
les escales, embarquements, débarquements, attentes diverses... Il y a 12
heures de décalage horaire... Qui dit mieux ???
Lors du vol
vers Los Angeles, j'ai l'occasion d'avoir une vue superbe du Groenland et de la
banquise.... C'est vraiment magique, je meurs d'envie d'y retourner !
J'ai le temps de discuter avec mon voisin, qui m'explique longuement et à
grands renforts d'exemple très marquants que toute la société polynésienne
est aux mains des Chinois (qui semblent décidément avoir la bosse du commerce)
et que tout est très politique... D'après lui, qui est là depuis 1963, le
changement dans la société est criant. Il n'y a plus de classe moyenne... Il
n'y a que des riches et des pauvres... L'expérience montrera qu'il a
partiellement raison.
L'aéroport est relativement
quelconque... Il fait chaud et humide, trois types ventripotents assis par terre
jouent de la guitare sans conviction. Moultes affiches vantent un des trésors
de l'île et l'industrie qui s'articule autour: la perle. C'est plein de
douaniers français, il convient de rappeler que la France maintient l'ordre...
Je récupère mon sac à dos et sors de l'aéroport.
Un collègue français
m'attend, un collier de fleurs à la main... Voila une bonne introduction... Je
suis envahi par l'odeur du Frangipanier ! Suis-je vraiment ici pour travailler ?
J'arrive à l'hôtel, grand luxe et vue imprenable sur la mer ! Malheureusement,
toute médaille a son revers... la chambre sent FORT l'humidité... Mais bon, je
ne vais pas faire le difficile !
Enfin, on verra si le jeu en vaut la chandelle ! Pour l'instant,
pas encore d'images (sûrement pas avant mon retour), mais j'ai pris ma caméra !
Restez branchés ! Pas de contact GSM possible. Il y a un réseau ici (Vini),
mais sans aucun accord avec le monde extérieur ! Obligation de passer par le téléphone
fixe...
Premier jour: Lundi. Papeete est une ville assez bruyante, polluée et pas
vraiment super-intéressante... Beaucoup de tatouages, chez les hommes comme
chez les femmes (les fameux tatouages qui viennent des Maoris !). En fait, je
suis un peu déçu... Tahiti (Papeete en tout cas), n'est pas vraiment le
paradis fracassant auquel on pense... Il parait que les autres îles autour sont
plus 'cartes postales'... Je vais essayer de faire un petit saut ce week-end !
Deuxième
jour: Mardi. J'explore la piscine de l'hôtel le matin. Quelle aventure... Elle est
quelconque, mais la vue sur la mer juste à côté est fantastique ! Les poissons
se bousculent au portillon ! Durant la journée, je dois aller acheter un
connecteur pour le bureau, très très cher... La vie est hors de prix. Le soir,
je mange à l'hôtel et aperçoit un énorme Bernard-Lhermitte dans l'eau. Il a
la taille d'un ballon de hand-ball ! Pas courant. Je jette des déchets de nourriture
à l'eau, immédiatement dévorés par les petits poissons.
Troisième jour:
Mercredi. Après la piscine, je mange des fruits de la passion frais qu'un collègue a
ramassé pour moi par terre ! Dingue non. C'est délicieux ! Rien de spécial...
Métro - boulot - dodo !
Quatrième jour: Jeudi. L'après-midi, j'ai l'occasion d'aller visiter un peu les alentours de Papeete,
décidément morne et quelconque... Plage de sable noir, végétation tropicale,
c'est beau mais trop "Français" à mon goût... Une cascade,
magnifique mais touristique ! C'est bien de voir un peu quelque chose d'autre
que la ville ! Pour une fois que je peux visiter un peu... et on bosse jusqu'à
4h00... du matin !
Cinquième jour: Vendredi. Je commence à midi, je profite un peu de la
piscine de l'hôtel. Le soir, je me prépare à
quitter l'hôtel le lendemain, j'ai une autre chambre réservé à Moorea,
l'île d'en face.
Sixième jour: Samedi. Je quitte ma chambre (un peu en catastrophe d'ailleurs) et vais au port
pour prendre le ferry jusqu'à Moorea (ce qui veut dire lézard jaune en
Tahitien), dont on dit tant de bien ! Le ferry part
quasiment à l'heure. Il fait superbe, le soleil brille et la mer est
calme... Un temps comme on en voit sur les photos de tous les bons prospectus ! Environ
une demi-heure de traversée jusqu'à l'île. Je débarque et prend un bus, un
'truck' comme on dit par ici de Farehau (côte Est) jusqu'à l'hôtel à Paeau
(côte Ouest). En fait de bus, il s'agit d'un
camion, vaguement aménagé mais très sympa ! J'arrive à l'hôtel et me
précipite dans l'eau, tropicale d'ailleurs... Evidement, je me suis trompé...
moi qui pensais aller nager dans la mer, je suis arrivé dans un aquarium... Pas
de chance... Je barbote un peu et finis par sortir à regret... Je retourne à
la réception pour demander quelles sont les 'activités' possibles... La charmante réceptionniste
tahitienne au sourire enchanteur m'annonce qu'il y a un petit bateau qui fait la
navette vers une toute petite île en face. C'est à 2h00. Pas de problème,
j'irai ! Un petit repos sur la plage et j'embarque sur ledit bateau... On
part... L'eau est transparente... C'est bon qu'on flotte, sinon je dirais qu'il
n'y en a pas ! On arrive sur la petite île (un des deux minuscules points en haut à
droite de la carte, près de la côte) en question. Je me promène un peu,
je fais trois plongées (toujours snorkeling) parce qu'il paraît qu'il y a des
raies... Je vois beaucoup de petits poissons (perroquets, aiguillettes, clowns etc.)
multicolores et le corail est en relativement bonne santé, mais pas de raie en vue... Sur le retour, je discute avec un couple... qui
voit une raie dans l'eau... A un mètre de la plage, elle paresse sur le sable.
Je me couche dans l'eau... Elle part et je la suis. On a vraiment l'impression
qu'elle vole sous l'eau. Je reste un peu avec elle. Elle finit par partir. Je
sors de l'eau, le bateau repart déjà, il est 16h30... Retour à l'hôtel,
encore un dernier petit plouf et douche... Le soir, je vais voir le 'Tiki
théâtre', un théâtre local qui montre un peu (mais je ne parle pas le
Tahitien) comment vivaient les
indigènes avant l'arrivée de nos chers missionnaires ! Le spectacle est très
bien, bien qu'un peu touristique. Retour à l'hôtel, dodo, je suis crevé ! La
journée est passée très vite mais c'était super
! Il pleut fort pendant la nuit.
Septième
jour: Dimanche. Je me lève tôt et me dirige vers la plage. Personne. Je
m'assied, regarde le soleil se lever. L'air est déjà chaud. Il fait très
calme. Deux chiens viennent me tenir compagnie. Petit à petit,
les gens se réveillent et sortent. Je me suis inscrit pour aller voir les
requins et les raies. Un collègue m'a dit que c'était à voir à tout prix. A
9h30, une trentaine de personnes se rassemblent. Le guide nous explique le
planning: d'abord les requins, puis les raies, puis dégustation de fruits sur
l'île. On embarque sur deux bateaux. Départ. On s'éloigne de la côte pour se
rapprocher du bord du récif. On jette l'ancre. Pas l'ombre d'un requin.
Le guide nous donne les consignes de sécurité: interdiction de s'éloigner du
bateau. Ce sont de petits requins de lagon, entre un mètre et demi et deux
mètres, des 'pointes noires' comme on dit ici. Les accompagnateurs jettent des petits poissons
à l'eau. Le résultat ne se fait pas attendre: deux minutes plus tard, un
requin débarque. Puis un autre, et un autre... Neuf au total. Les touristes se
mettent timidement à l'eau. Je plonge. Impressionnant. L'eau est transparente,
on est à trois mètres des bestiaux. J'essaie quelques photos et un peu vidéo,
mais cela ne donne pas grand chose sans caisson étanche... Ceux qui en ont un
auront de superbes images... A mon avis, les requins ont aussi peur des touristes que
les touristes d'eux... Durant 15 minutes, on regarde ces messieurs, le regard
vide, se jeter sur les poissons qui leur sont lancés. Je les quitte à regret.
On repart vers les raies. Je m'aperçois avec bonheur que ma caméra baigne dans
l'eau, ce qui me remplit de joie ! Heureusement, elle fonctionne toujours. Je la
sèche avec mon T-Shirt. On arrive près de la zone des raies. Elles sont au
rendez-vous, on les voit sans problème depuis le bateau. Par opposition avec
les requins, ici le contact est possible: à peine dans l'eau, les raies
viennent vers nous, attirée par le poisson qu'on leur donne et par le fait
qu'elles... aiment les caresses... On dirait des chats ! Elles essaient vraiment
de se frotter contre les gens, de se faire caresser... C'est dingue. Il y en a
une bonne vingtaine... Pendant environ 30 minutes, on joue avec ces drôles de
poissons à la peau douce et lisse, queue exceptée... Là par contre, c'est
très râpeux ! Mais tout a une fin, et nous repartons vers l'île (la même
qu'hier) pour aller faire la dégustation de fruits. On accoste. Les
accompagnateurs, très professionnels, nous expliquent un peu comment peler,
ouvrir et couper les fruits locaux: ananas, bananes, noix de coco, pastèques et
melons. En quelques instants, un table est dressée sur la plage, couverte de
fruits frais et délicieux. A l'instar des requins un peu plus tôt, les
touristes se jettent sur la bouffe ! Je suis sûr que les requins auraient peur
! N'empêche que c'est très bon, surtout que je n'ai rien mangé depuis hier
matin ! Encore une plongée près de l'île et c'est le retour vers la côte...
Il est déjà 1 heure 30. Je prends une petite douche et vais dans un restaurant
dont j'ai entendu dire qu'il préparait aujourd'hui un plat typique. Je
m'installe et mange. C'est très bon. Surtout le poisson cru et le porc aux
herbes. Miam. Ensuite, je veux louer un vélo pour aller voir un point de vue
parait-il imprenable (le Belvédère). Pas de chance, il est déjà trois heures, et l'agence de
location de vélos est déjà fermée. Tant pis, je vais essayer d'y aller à
pied. Une chouette balade, le long d'une route pleine dont les bords sont
colonisés par les crabes des cocotiers. Les fleurs d'Hibiscus sont partout. Je
longe la côte, c'est sympa. Après trois heures de marche, il faut se rendre à
l'évidence, je n'y arriverai jamais ! Tant pis. La balade était bien sympa,
surtout que j'ai encore pu voir quelques groupes locaux qui répétaient leurs
musiques et danses. Très sympa ! Je rentre en stop, et refait en 15 minutes ce
que j'ai fait en trois heures ! Retour à l'hôtel. Je me promène encore un
peu, et au dodo ! Je suis crevé et j'ai les pieds en compote: les récifs coralliens
sont super tranchants et après trois heures de marche avec des Docksides sans
chaussettes, bonjour les cloches et les blessures aux pieds !
Huitième jour: Lundi. Lever à 5 heures.
Il faut prendre le bus de 5h45. Je me prépare. Heureusement que j'ai déjà
fait le check-out hier soir ! Je reprends le 'truck'. Il fait toujours nuit. Les
gens somnolent au rythme des cahots. Le jour se lève petit à petit. On revient
au port des ferry. J'achète un ticket, rembarque. Quelques gouttes de pluie
saluent notre départ. Les gens retournent travailler à Papeete, où l'on
débarque après une traversée houleuse. Je reviens à mon hôtel initial et me
réinstalle dans ma chambre. Retour au boulot. Le soir, je rentre à l'hôtel et
m'écroule sur mon lit, crevé ! Je dors de 20h00 à 7h00 !
Neuvième
jour: Mardi. Au moins je suis moins fatigué qu'hier et mes pieds vont nettement
mieux! Le soir, je vais manger
chez une copine de mes collègues et passe une très bonne soirée, relaxante à
souhait. Grande discussion sur un thème classique: devons-nous aider les pays
comme Tahiti à se développer et connaître les joies et les (graves)
problèmes et l'industrialisation et du développement, ou devons-nous les
laisser se débrouiller. Vaste débat ! La copine est super-sympa et très
accueillante. Demandez Julie à Papeete !
Dixième jour: Mercredi. C'est le jour
où la France joue la demi finale de foot pour l'Euro 2000. Personne ne
travaille, tout le monde est scotché devant son poste de télé. C'est dingue. Même
ici, le foot est ce qu'il a de plus important ! Il y a des télés partout !
Le soir, j'essaie d'aller acheter des souvenirs au marché... Trop tard,
tout est fermé... Et demain étant jour férié... je reviendrai sans
souvenirs... snif snif snif.
Onzième
jour: Jeudi. C'est congé, c'est le jour de la fête de l'autonomie. Depuis que je
suis arrivé, toute la ville ne vit que pour cela, on prépare les bâtiments,
les fleurs, les banderoles etc... Je passe le matin à
l'hôtel, barbotant dans la piscine. L'après-midi, je vais voir le défilé, très
campagnard, mais très sympa et haut en couleurs. Les personnalités sont installées dans une
tribune et les gens sont massés sur le parcours: tout le monde veut voir le
cortège, constitué de plusieurs délégations. Les fleurs succèdent aux
vahinées et aux tatouages. Le défilé me permet de voir des gens d'un peu
toutes les îles. La journée se termine par un feu d'artifice, que je
vois très bien depuis ma chambre d'hôtel, tout en discutant avec Barbara !
Deuxième et dernier jour:
Vendredi (déjà). Départ prévu à 8h15. J'ai confirmé mon billet mardi. Je
me lève à 5 heures pour faire mon sac... Un
dernier coup d'oeil sur la piscine, check-out, taxi jusqu'à l'aéroport...
embarquement avec une heure de retard... Dans l'avion, je suis assis à côté
du haut commissaire, un type simple, souriant et sympa, et manifestement
important et connu: tout le monde vient le saluer avec déférence. Nous avons
une conversation très intéressante. De quoi se réconcilier avec les
fonctionnaires ! Et quand je lui dit cela, il me répond en souriant "Mais
ne soyez pas raciste !". Il m'invite à venir le voir au cas où je reviens à
Tahiti... Je lui laisse ma carte, en espérant qu'il me recontactera...
Et maintenant les images...