Samedi 2 septembre 2000.
Nous nous levons tôt, il ne
s'agit pas de rater le bus. Quelqu'un est censé passer nous prendre vers
7h30. A 7h10, le téléphone (il y a même un téléphone, digne des
Flintstones) sonne. Le réceptionniste nous annonce que le bus nous
attend... On termine les bagages en catastrophe, empaquetant tout en
quatrième vitesse.
Nous descendons en catastrophe, et sautons dans le
4X4 ronronnant qui nous attend... Le chauffeur démarre aussitôt...
Décidément, ce voyage est placé sous le signe de la précipitation !
10
minutes plus tard, le 4X4 s'arrête, nous descendons pour prendre place
à bord d'un bus nettement plus rempli et plus adapté au voyage
transfrontalier que nous comptons entreprendre. Nos sacs à dos sont
installés sur le toit, sous une bâche. Comme la plupart des gens le
savent, Nairobi est souvent appelé 'Nairobbery'... Cela laisse présager
du nombre de vol et arnaques en tous genres dont les touristes (et les
locaux d'ailleurs) font les frais. Je reste à l'extérieur du bus,
histoire de garder un oeil sur les sacs.
Les gens (70 % de
touristes) arrivent et s'installent. Quand tout le monde est là, je
monte, rejoint Barbara à l'arrière du bus, qui s'ébranle en direction
de la Tanzanie... Le voyage continue... On roule un peu en ville. Je
trouve Nairobi très sale, et peu accueillante. Beaucoup de béton,
beaucoup de crasse, rien de vraiment excitant... Bientôt, nous quittons
la ville pour arriver dans une zone plus campagnarde. Le béton fait place
à la plaine. Les habitations se raréfient.
Nous somnolons. Tout à
coup, je vois... un zèbre par la fenêtre... Je réveille Barbara. C'est
dingue, des zèbres ! Et cela ne fait même pas une heure que nous
roulons. Après les zèbres, d'autres petites antilopes, dont je trouve
dans les guides qu'il s'agit d'une Gazelle de Grant. Un peu plus loin, des
autruches.... Incroyable comme la nature ressurgit dès qu'on quitte le
sol macadamisé des grandes villes. Je suis très impressionné !
Les cahots et la mauvaise nuit,
ainsi que le fait que nous sommes entassés dans des places minuscules ont
raison de nous: nous nous endormons au rythme des cahots malgré notre curiosité... J'ouvre un
oeil de temps en temps. Le décor est une grande plaine aride... On sent
qu'un peu de pluie ne peut faire que du bien. Vers 12h30, on s'arrête dans
un petit magasin au bord de la route. C'est la pause pipi, tout le monde
descend. Nous disposons d'environ 20 minutes pour nous dégourdir les
jambes. Le magasin est un authentiques attrape touriste, tout est moche et
super cher. On se demande s'il y a parfois des gens qui y achètent quoi
que ce soit. Probablement que oui !
Nous repartons. Bientôt la frontière. Tout le monde
descend, c'est la grande valse des cachets et de l'administration. Un
cachet pour la sortie du Kenya, on remonte dans le bus, on avance de 50
mètres, on redescend, il faut maintenant mettre un autre cachet pour
l'entrée en Tanzanie. On repart.
Encore trois heures de route, et nous
arrivons vers 16h00 à Arusha, d'où nous avons décidé d'organiser la
suite ded notre voyage. Comme d'habitude une foule compacte
nous attend. La plupart des touristes vont jusqu'à Moshi, un peu plus
loin.
Nous
descendons du bus et, ô surprise, il y a un type avec une pancarte
à notre nom (Yves et Barbara)... Nous passons à côté de lui, l'ignorant superbement.
C'est surnaturel. Avant de partir, j'avais en effet envoyé quelques mails
à plusieurs agences de voyages tanzaniennes, dans le but d'avoir une
idée des prix et des possibilités existants sur place. L'une d'elle
m'avait tout d'un coup annoncé 'Affaire conclue, nous vous attendons à
la sortie du bus'. Bien que je n'aie jamais marqué mon accord sur aucune
offre ni sur le mail indiquant que tout était prêt, ils étaient quand
même là à nous attendre... Cela donne une bonne indication sur le
niveau d'intérêt que les locaux portent à l'argent facile des
touristes !
Enfin, nous récupérons nos bagages dans
un bordel indescriptible et attendons un peu que les gens se calment. Nous
prenons notre fantastique guide (le Lonely Planet, vraiment super, une pub
gratuite !) et
choisissons un hôtel. Un petit tour en taxi nous y amène... Nous
choisissons une chambre (décidément rustique mais propre) et prenons
douche bien méritée... La douche est d'une propreté douteuse, mais
c'est bien ce que nous avons choisi.
La luminosité commence à baisser,
et nous discutons à droite et à gauche pour savoir comment faire pour
aller au Kilimandjaro. Les discutions s'engagent, nous essayons de voir
deux ou trois agences, mais comme c'est samedi, certaines sont fermées
pour le week-end. Demain, la situation ne pourra qu'être pire ! Finalement, nous nous décidons pour un tour à 100 USD / jour
/ personne, c'est le prix classique. Très cher, mais le montant est
justifié par l'obligation (légale) de prendre un guide et des porteurs,
à quoi s'ajoute le montant (50% du prix) des taxes d'entrée pour le
parc. Voila un pays (et un gouvernement) qui a compris tout l'argent qu'on peut extraire des
touristes...
Nous concluons un départ pour le lendemain, à la première heure... Pour l'instant,
tout va bien. Nous avons même trouvé un resto super sympa tenu par un
papy hilarant en face de notre palace, le 'Machele Hotel'. Nous mangeons
chez le Papy en face de l'hôtel, un bon vieux bougre très sympa.
Après
le repas, nous concluons l'affaire pour le lendemain, départ vers 8h00
pour Moshi d'abord, puis le Kilimandjaro en 5 jours, à deux, avec un
guide et 4 porteurs !!!
Encore une journée bien remplie, nous n'avons
pas chômé... De bonnes vacances en perspective !!!