|
|
|
| Voyage transatlantique et première arrivée aux Antilles. J'ai fait ce voyage avec Edouard et Evelyne, qui avaient été contactés par les chantiers Vauquiez pour convoyer un de leurs bateaux, partant pour se faire défiscaliser aux Antilles, depuis Madère jusqu'à Captain's Oliver Bay (?), à Saint Martin. Nous étions quatre à bord: Edouard, Evelyne, une copropriétaire du bateau et moi. Edouard m'avait téléphoné un mercredi pour me demander si je pouvais partir un vendredi, alors que je devais commencer à bosser quelques jours plus tard... J'ai donc téléphoné en catastrophe à mon futur patron, qui a bien voulu repousser mon engagement d'un mois... Ouf ! Même mon père était tout surpris... On le serait à moins ! Le vendredi, nous avons donc pris l'avion pour Madère. Un vol sans histoire, à part l'atterrissage qui est assez impressionnant: l'avion plonge entre les montagnes en tournant pour rester tout à coup scotché sur la piste... qui est courte et difficile d'accès ! On fait quelques courses de bouffe à Madère et nous voila partis. Nous allons naviguer pendant 17 jours non stop. 17 jours pendant lesquels nous ne verrons personne. 17 jours sans voir la terre. Les premiers jours, on s'affaire sur le bateau. On essaie de le régler au mieux, on ajuste les écoutes et les drisses comme on peut. On pousse même le vice jusqu'à déplacer l'ancre et toute la chaîne (qui fait son petit poids) de l'avant du bateau à l'arrière, histoire de surfer plus facilement sur la grande houle des alizés. La traversée est longue et morne. Edouard et moi nous amusons à essayer de calculer notre position à l'aide du sextant ! Pourquoi pas ? C'est bon pour le cerveau ! Au milieu de l'océan, nous arrêtons le bateau pour aller nager. Je saute à l'eau avec mon masque. Le spectacle est grandiose. Même si, en soit, il n'y a rien à voir, c'est vraiment magique de voir le soleil entrer dans l'eau et la colorer de toutes les nuances de bleu et de vert. Splendide. Un spectacle rare et superbe. Plus tard, nous croisons un balise météo. Un gros amas de ferraille qui dérive sur les flots. Quand on voit cela, on peut s'estimer heureux de ne pas l'avoir touché ! Surtout que nous sommes quasiment en permanence sous pilote automatique sans personne sur le pont ! Nous approchons de l'autre bout, et faisons connaissance avec les 'grains'... Une pluie forte, froide, dense, soudaine. Il fait plein soleil et, tout à coup, c'est le déluge. Cinq minutes plus tard, le soleil brille à nouveau ! La sensation que je ressens alors que revoyons la terre pour la première fois est extraordinaire ! C'est comme si mes tripes me disaient: "c'est là que tu habites, pas en mer". A ce moment, je suis persuadé que l'homme est un animal, et que l'instinct n'est pas loin sous le vernis de la civilisation.On a un contact radio avec la base sur l'île, qui envoie un petit bateau à moteur pour nous accueillir et nous guider. Cela tombe bien, on n'avait pas de carte détaillée de Saint Martin ! On accoste, et on fait nos premiers pas sur la terre ferme, direction le bar: on va fêter cela ! Les Antilles sont paradisiaques: il fait chaud, la végétation est tropicale, l'eau est transparente... Rien ne manque ! Edouard, en faisant du snorkeling, trouve même des dollars dans l'eau... Le trésor de Rackham le rouge n'est peut-être pas loin ! Nous rentrons en Europe, et je commence mon premier 'vrai' boulot... |