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Les Bermudes.

Après avoir rempli les formalités et refait le plein de fuel, je jette l'ancre au port de Saint George, où je suis provisoirement basé. Range un peu le bateau, essaie de m'organiser pour la journée. Je ressort l'annexe, la regonfle, ré-installe le moteur, je suis prêt pour aller à terre. Nous sommes le lundi 3 juin 2002 !

St George et les fortifications environnantes, où je suis provisoirement basé, ont reçu le titre de patrimoine culturel de l'humanité, décerné par l'Unesco, en novembre 2000. C'est dire que l'aspect culturel et historique est quand même très bien conservé ! Et que les 400 ans d'histoire des Bermudes sont bien intégrés dans la ville et la culture modernes.

A l'évidence, les Bermudes sont colonisées par les touristes américains... C'est fort dommage d'ailleurs, car ils se comportent vraiment comme des 'gros touristes'... A savoir: débarquer du bateau en baskets blanches et chaussettes de la même couleur, faire trois photos sur la place principale de St George (où il reste encore un vieux pilori, où ils adorent se faire prendre en photo à la place du supplicié, quoi de plus drôle ?), prendre un taxi, aller sur un plage, s'acheter des glaces et des Cokes, et retour au bateau (qui est d'ailleurs un authentique monstre des mers...). Un planning pas très excitant d'après moi !

De mon côté, je me balade un peu en ville. Il apparaît rapidement que tout est très cher ici. Le diesel par exemple: un peu plus d'un dollar par litre ! C'est dingue non ? La nourriture, les bus, les taxis, tout est très cher aux Bermudes. Normal, tout est importé ! Même l'eau potable !

La ville, par contre, est très sympa. Quelques beaux bâtiments, assez vieux, âgés. A côté de ceux-ci, la nouvelle génération. Pimpante, toits blancs (en plastique pour récupérer l'eau), murs de couleurs vives et, cerise sur le gâteau: le mur qui cerne le jardin est de la même couleur...  C'est pas chou cela ? Résultat, une ville gaie et colorée, claire et... ensoleillée la plupart du temps !

Il y a un espèce de bureau de tourisme, où je me renseigne un peu sur ce qu'il y a à faire par ici... En fait, pas grand chose... Bref. Ce qui m'intéresse plus particulièrement, ce sont les plongées... J'espère que je pourrai en faire. Je parviens même à accrocher un bateau rempli de bouteilles qui passent: c'est un club de plongée, dont je prends le numéro de téléphone...

La première journée est calme. J'en profite également pour lire mon mail (toujours saturé de pubs) et reprendre contact avec la 'civilisation' !

Le lendemain, encore un petit coup de mail, j'appelle Edouard pour régler encore quelques petits problème sur le bateau (en particulier le guindeau et les panneaux solaires), je me balade un peu aux alentours de St George, découvre les petites plages du nord de l'île. Je fais quelques photos et me renseigne sur les possibilités de plongées. En revenant vers le port, je vois un voilier... sans mât... Tiens tiens tiens... un problème peut-être ? Je vais jeter un coup d'oeil chez eux, histoire d'essayer de savoir ce qui s'est passé ! Rapidement, nous sympathisons ! Nous discutons tout l'après-midi. Je passerai une grande partie de mon séjour aux Bermudes avec Gaël et Valérie. 

D'après leur récit (qu'ils ont dû raconter à (à peu près) chaque bateau du port), ils ont démâté dans un calme, alors que les voiles faseillaient (battaient mollement, par manque de vent) et qu'ils dormaient ! Bien qu'ils aient évidement essayé de récupérer le mât et les haubans, une fois plein d'eau, il a été impossible de tout remonter sur le pont. Ils ont donc coupé haubans, étai et pataras, afin d'éviter que le mât, battant dans l'eau, n'endommage la coque ! Ensuite, ils ont pu contacter (par VHF) un paquebot, qui les a généreusement approvisionné en diesel, et ils sont rentrés au moteur (600 miles, une trotte !). Et tout cela sans pilote automatique, vu que le leur a refusé toute coopération assez tôt... Cela n'a pas dû être facile ! Gaël exerce un métier passionnant et très intéressant à mes yeux: il est boulanger ! C'est pas beau cela ???

Le mardi soir, un petit spectacle de danse est organisé à l'attention des touristes... C'est sympa, rythmé et ... américanisé ! Dodo.

Nous sommes déjà mercredi. Que le temps passe vite ici ! Presque plus vite qu'ailleurs. J'achète un billet de trois jours pour le bus (26 USD !). 1200 BEF (30 Euros) de bus ! Dingue non ? Je bricole un peu sur le bateau et, grâce aux conseils d'Edouard, parvient à trouver pourquoi les panneaux solaires ne fonctionnaient pas ! Voilà une bonne chose de faite ! Au moins, maintenant, j'aurai de l'électricité sans devoir faire fonctionner le moteur ! Je jette également un coup d'oeil sur le guindeau, toujours obstinément bloqué !

Maintenant que j'ai droit à trois jours de bus, autant en profiter ! Je vais négocier mes plongées avec un club que tout le monde recommande. Je les trouve (ils sont près d'un hôtel qui s'est approprié une grotte...) et négocie un peu les prix. J'arrive, pour six plongées, à passer de 300 USD à 210 ! Autant dire que cela vaut la peine de négocier un peu...

Je continue ma balade vers Hamilton, la ville principale de l'île. Là, j'apprends que la pièce qu'il me faut pour le guindeau n'existe pas sur l'île ! Super ! Je ferai donc contact avec les fils directement, sans passer par l'interrupteur !

Le soir (c'est mercredi), une espèce de foire, un peu style brocante, a lieu dans la rue principale... J'y retrouve Gaël et Valérie, ainsi qu'Alain et Hervé, deux autres Français, voileux, qui vont également partir vers les Açores. Les gens dansent dans la rue et force est de constater que certain(e)s dansent très bien... Logique, il paraît qu'il y a une école de salsa pas loin... Retour en bus après quelques heures sur place.

J'appelle tôt le matin mon fameux club de plongée pour savoir si je pourrai plonger dès aujourd'hui. Mais la gentille madame me répond que pour aujourd'hui, il n'y a qu'un groupe de débutants... Comme en plus, je soupçonne la visibilité de ne pas être exceptionnelle (cf expérience à Saint Martin), je préfère attendre un jour de plus... Par contre, j'étais surpris de voir que leur intérêt pour mes dollars semblait avoir singulièrement diminué... Probablement que la négociation a été trop rude...

Je pars donc faire une petite balade sur l'île ! Tant que je suis là, autant en profiter et essayer de visiter un minimum ! Je prends le bus, descend un peu au hasard, pour arriver sur les plages du sud de l'île. Sympa, mais trop peuplé à mon goût. J'essaie un peu de snorkeling. Très maigre succès, vu la quantité de sable en suspension dans l'eau, sur les plages battues par les vagues qui passent le récif. Je continue ma balade, traversant un golf (il y a beaucoup de golfs, pleins d'Américains, aux Bermudes) pour arriver au phare de Gibbs Hill.

Une fois au phare (le point culminant des Bermudes), il s'agit de monter tout en haut ! 185 marches, soit 130 mètres de haut ! On a bien chaud quand on arrive en haut, mais la vue en vaut la peine. Construit en 1846, il a été habité depuis par des générations de gardiens de phare. Et a sûrement guidé plus d'un bateau vers la terre ferme (et les récifs) ! Tout en haut, une énorme ampoule, de 1000 Watts... Rien que cela... Mais il faut avouer qu'on le voit à 26 Miles en mer, bien avant de voir la côte !

Après avoir quitté le phare, je continue ma balade. Je reprends le bus, vu que je voudrais bien atteindre le point le plus éloigné de l'île, le Dockyard. Mais, alors qu'il roulait dans la bonne direction, le bus s'arrête... Il ne va pas plus loin, il faut prendre le suivant... Et puis quoi encore ? Je commence à marcher ! Assez rapidement, j'arrive près d'une petite crique, où j'aperçois un de ces bateaux à fond de verre. Il transporte des touristes. Donc, c'est qu'il y a là-bas quelque chose à voir ! Je décide d'aller explorer un peu. Marchant sur les routes de la côte, j'arrive finalement dans la pointe de la baie. Mais là, problème, c'est une propriété privée.

J'appelle... une brave dame me répond... à mon accent, elle comprend tout de suite que je ne suis pas du coin... Je lui demande si je peux traverser son jardin pour aller plonger à la pointe de l'île ! Pas de problème, elle m'indique même très gentiment quel est le meilleur endroit pour me mettre à l'eau ! Elle m'abandonne, et je vais faire mon petit tour. Très chouette d'ailleurs. Deux gros anges bleus m'accueillent dès l'entrée dans l'eau ! Sympa. Je nage entre et autour des îlots. Je monte même sur certains d'entre eux... Il y a, sur l'un d'entre eux, un panneau disant 'Longtail nesting'... Cella pourrait être plus intéressant que prévu... mais ce ne le sera pas... Finalement, je reviens sur terre, après environ une heure de balade. Je me rhabille, retrouve la charmante dame. Nous commençons à discuter... Elle m'offre même du gâteau et du cidre ! Excellent ! Dans son jardin, il y a une mâchoire de cachalot ! Rien que cela. Nous discutons de voyages pendant environ une heure... Quand je pars, elle m'offre très gentiment un gros pot d'une excellente 'marmelade' maison (goût orange) et de poster sur les Bermudes... Très très bonne rencontre ! Très sympa.

Je rentre finalement en bus. Je ne mange même pas et me couche rapidement.... Excellente journée !

Continuant ma tropicalisation, je traîne un peu sur le bateau... Je discute encore avec Gaël et Valérie... Je me balade un peu sur l'île et fais quelques photos ! Je tente une demi réparation sur le guindeau, sans véritable succès... J'appelle encore le centre de plongée avec qui j'ai eu des contacts ! Toujours rien ! Je décide de laisser tomber... Visiblement ils ont mieux à faire ! Grrr... C'est super les Bermudes... Grrr... Heureusement que Gaël et Valérie ont des copains avec qui nous pourrons éventuellement plonger ! J'espère que cela se concrétisera...

Je fais quelques courses. A un moment, sur la place près du port, il y a une espèce de représentation théâtrale au cours de laquelle deux acteurs miment un jugement moyenâgeux. L'homme, jouant le rôle de juge, accuse la femme d'avoir trompé son mari. Après quelques minutes d'une mauvaise foi totale, il la force à se repentir en... la jetant dans l'eau, attachée sur une chaise. En plus, ils font bien intervenir le public, qui participe activement, comme tout bon public américain ! Bref, la nana est condamné, et le juge borné persuadé d'avoir fait rentré une mauvaise paroissienne dans le droit chemin... Cela ne devait pas être cool la vie à l'époque...

J'installe le logiciel de navigation qu'Alain m'a vendu sur mon PC, pour évaluer un peu le soft. Cela ne fonctionne pas mal, même si l'interface est un peu bizarre par moment !

XXX A partir d'ici, ce n'est pas encore relu ni mis en page ni... prêt à lire... Vous êtes prévenu ! Je vous invite même à ne pas lire la suite, vu qu'elle doit encore être remaniée de A à Z !

 

 

 

 

Samedi: journée morne et poireautante. Je lis, joue avec le PC. J'espère vraiment que demain je pourrai plonger avec les types de la station de biologie marine. Un petit groupe de bateau est parti direction les Açores. J'attends pour les plongées. Dont Alain et Hervé.

Dimanche: Enfin je vais pouvoir plonger ! Gaël vient me chercher. Nous rejoignons son bateau, sans mât, très pratique pour passer sous les ponts. Nous serons 6 en tout. La première plongée aura lieu sur une épave, la seconde dans les patates de corail ! Super épave, puis patates ! Merci à Nico et Alex, de la station de biologie marine ! Très chouette ! Cuisson. Retour. Essai de copie du soft de nav. Soirée chez Nico et Alex, très sympa.

Lundi: férié ! J'attends la copie du logiciel. Peut-être les courses de bateaux locaux !  Régate de bateau qui coulent ! Repassage chez Nico et Alex.

Mardi: Téléphone Barbara, liste de choses à faire ! Grand merci à Gaël et Valérie ! départ planifié, dépendant de la météo ! , accès à l'internet, floppy bloqué, retour, panne d'annexe, démontage - remontage, retour, rendre floppy, Nico, CD copiés, retour, bouffe (boissons gratos), internet gratos, Dernière courses; retour bateau, téléphone Barbara pour les dernières nouvelles, retour bateau, fuel, dernière bière avec Gaël et Valérie, bouffe sur leur bateau, don de marmelade, retour dodo. C'est ma dernière nuit aux Bermudes.

Mercredi: départ des Bermudes, enfin et déjà !